Un peu de v3… et beaucoup de Batta!

C’est la dernière ligne droite…

La version 3 de BattaKlang Vocal vient d’être soumise à Apple. On attend leurs commentaires pour finaliser la mise en production. LaSauce (moi toute seule devant mes 3 ordinateurs, mes 5 iPhones et mes 2 tablettes) réalise les règles de jeu, les dessins, le storyboard, retravaille les sons et depuis cette année, réalise des mini animations.

Tout ça toute seule ? Et bien oui.

Pour les règles de jeu, c’est assez simple. J’ai travaillé plus de 20 ans dans de grandes multinationales comme responsable ressources humaines et chef(fe) de projet. Aider les équipes à acquérir de nouvelles connaissances et les mettre en pratique, c’est un sujet qui me tient à coeur. Trouver les méthodes pour limiter au mieux les contraintes liées à l’apprentissage et valoriser chaque acquis, quel qu’il soit. J’adore ça.

Pour les dessins, c’est une longue histoire.

A la fin du lycée, je voulais entreprendre des études de design industriel à La Cambre à Bruxelles. Pour me préparer à l’examen d’entrée, j’ai fait des cours de dessins. C’était cool. Les profs étaient plus jeunes que les élèves. Les étudiants venaient avec leur animaux de compagnie. On fumait dans les ateliers. Et moi je lisais l’intégrale des aventures de Harry Dickson quand je n’avais plus de feuilles de dessin.

Par après, quand les ordinateurs ont pris une place prédominante dans mes petits appartements, j’ai délaissé des fusains pour tapoter sur des claviers. A faire tourner les données à la place des couleurs. Bien sûr, je me suis essayée au dessin assisté par ordinateur. Sans succès (et sans rien comprendre).

Quand l’idée de faire des app de gamification s’est précisée, l’informatique était devenue plus accessible. Pour 10 euro, on pouvait avoir un vrai logiciel de dessin vectoriel. Une aubaine.

Quoi que..

Les premiers dessins de BattaKlang ont été fait avec ce genre d’outil. J’en ai pleuré des nuits entières. Trop avancée pour tout recommencer avec un nouveau logiciel. Et pas assez abouti pour fournir mes 1.000 dessins prévus.

Après la première version donc, j’ai changé de logiciel. J’ai pris Illustrator. Cher, lourd, complexe. Des mises à jour en permanence qui me chamboulaient mes petits avancements..

Des jours d’auto-formation pour arriver à faire un truc moche.

Mais la certitude que ce programme allait rencontrer toutes mes attentes (encore insoupçonnées) pour mes futurs projets.

J’avais raison. Illustrator, c’est un monstre.. et une merveille.

Grace à une communauté de dessinateurs généreux et intelligents, j’ai englouti des heures de tutos youtube et j’ai redessiné l’ensemble de mes dessins en natif.

J’y ai pris goût.

Pour faire un dessin pour Battaklang, je prends un mot dans ma liste de mots à apprendre. Et puis je réfléchi à l’object qui le représente le mieux, avec le moins de raccourcis culturels.

Et puis j’imagine l’object de face (ou de profil) en évitant au mieux les perspectives.

Pourquoi ? Parce que je ne sais pas dessiner ? Oui peut-être. Mais surtout pour éviter de devoir réfléchir en regardant l’image. Je voulais que l’association entre le mot et l’image représentant ce mot se fasse rapidement et sans interpretation.

Quand je suis passée aux animations, mondieumondieumondieu….

Il fallait en faire assez pour comprendre l’action dessinée – mais pas trop pour ne pas surcharger l’app. Et trouver le format compatible avec mes autres dessins.

Que donc qu’on arrive à ça ?

Je dessine sur un 500 x 500 px, et j’ajoute les dessins layer par layer pour former une séquence. Je dessine 9 layers en tout. J’exporte les 9 layers en 9 images distinctes et je les fais tourner dans un logiciel pour faire des gif animés (GIF Maker Pro pour Mac). Là je regarde si la séquence est bonne. Pas trop hachée. Pas trop rapide ou trop lente.

J’ajuste mes layers en conséquence et puis je les déplace les uns à côté des autres pour en faire un strip – une bande… dessinée.

C’est ce format qui sera intégré dans le code de l’app et qui sera lu, image par image, pour donner le rendu d’une animation.

Il est temps de parler de mon jumeau maléfique…

L’homme de l’ombre.

J’étais en pleine galère dans ma phase pilote. Je racontais mes mésaventures à un ami responsable d’une boite IT à Bruxelles (il s’appelle Eric et je l’aime et il le sait mais il ne veut pas). Et ce soir là, il me propose de travailler avec lui  – enfin avec Sébastien, son collègue & associé, spécialiste des plateformes & languages mobiles.

Depuis 3 ans que je réalise des apps, je n’aurais jamais été aussi loin sans eux.

J’ai un vrai partenariat avec mon développeur IT.

Pas un partenariat sousous. Ou en fait si! Ils font attention aux miens…

Ils me guident tout au long du projet pour que je fasse les bons choix, que j’utilise les bons formats et je ne dévie pas de l’objectif.

Sébastien a réussi, entre-autre, à ce qu’un bug informatique devienne un mythe. Un truc qui fait peur, dont on parle mais qu’on ne voit jamais …

Je me sens soutenue, comprise et épaulée dans les phases compliquées.

Ce qui nous amène à la v3.

Pourquoi une version 3? Principalement pour y intégrer un module d’achat groupé pour les entreprises. Depuis quelques mois, les sociétés sont intéressées par le concept de BattaKlang. Augmenter son vocabulaire en luxembourgeois en jouant sur un app mobile.

Cependant, une des caractéristiques du marché du travail au Luxembourg est le nombre de travailleurs frontaliers. Ce qui est une bonne chose .. sauf du point de vue de l’AppStore d’Apple. En effet, quand on achète une app, elle n’est téléchargeable que dans son pays de résidence. Si mon employeur luxembourgeois m’offre une app.. cette app ne pourra être récupérée que sur un AppStore luxembourgeois. Or, en tant que frontalier, je n’habite pas au Luxembourg. De ce fait, je ne peux pas accéder à l’offre de mon employeur. Pour une entreprise, c’est un vrai casse-tête pour l’informatique ou pour la compta.

En optant pour des modules in-app, on arrive à une vraie solution corporate.

De plus, cela me permet de fusionner BattaKlang et BattaKlang Vocal dans une seule app. Un avantage pour les joueurs qui peuvent enfin conserver leur progression en passant de la version gratuite à la version payante.

Comme le projet était conséquent, j’en ai profité pour faire un relooking de l’app et y ajouter du contenu :  des nouveaux mots de vocabulaire – les verbes –  en mini-animations et un dictionnaire anglais. Ainsi, si le joueur n’est pas francophone, il peut aussi demander une aide à la traduction des mots en anglais.

Et je me suis fait plaisir : un jeu de mot pourri qui me fait rire à chaque fois.

Le Kopplabunz

Kopplabunz veut dire pirouette en français. Et en belge, on dit cumulet.

Je voulais rajouter un badge qui donne au joueur une idée sur le nombre de mots d’affilé qu’il arrive à trouver correctement sans aide. J’avais en tête la fable de Grimm : Le Vaillant Petit Tailleur qui tue sept mouches d’un coup et, fier de son exploit, s’en va conquérir le royaume.

Mais cela ne donnait rien.

Puis je me suis demandée comment faire pour montrer les bonnes réponses cumulées. Cumule-les! … Cumulet … Voilà… Kopplabunz.

C’est un joli mot non ?

C’est comme BattaKlang.. sisi, cela veut dire quelque chose en lululangue. Cela s’écrit bataklang avec un seul T et ça veut dire bazar, capharnaüm. Je trouvais que cela correspondait bien à mon idée. Un grand méli-mélo d’images dans lequel il faut fouiller pour y trouver la réponse.

BattaKlang, Kopplabunz, Erem spillen ?